Les deux guerres

Le XXe siècle fut celui de l'industrialisation et de changements profonds dans la morphologie de la ville. Il fut aussi celui des guerres mondiales auxquelles, comme tant d'autres, la ville a payé un lourd tribut.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

Le 2 août 1914, la France entre en guerre contre l'Allemagne. De nombreux Balbyniens sont mobilisés pour participer à l'effort de guerre, que ce soit dans les usines ou sur le front.

Des Poilus balbyniens

Des Poilus balbyniens

 

À Bobigny, une session extraordinaire du conseil municipal met en place une organisation de crise pour faire face à ces nombreux départs : « Il faut que les hommes de Bobigny qui vont partir sous les drapeaux rappelés par la mobilisation sachent que leurs familles seront protégées et assistées. » Il est demandé au maire de s'occuper de « la question du lait pour l'alimentation des bébés, vieillards et malades », de taxer le pain, de mettre en place des milices bénévoles afin de protéger les maisons et les cultures, de prendre un arrêté pour empêcher la sortie des légumes - et surtout des pommes de terre - de la commune. Dans cette tâche, le maire est assisté d'une commission de huit personnes.

Sur les 4000 habitants de la commune, 178 soldats perdent la vie au combat.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

La France entre dans la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939. Comme en 1914, la municipalité de Bobigny prend des mesures en prévision du conflit. La question de l'hébergement des enfants restés en colonie est posée ainsi que l'éventuelle évacuation de la population. Il faut également exécuter les travaux de défense passive par la construction de tranchées-abris dans la ville.

Colonies de vacances

Colonies de vacances

Le revirement d'un maire emblématique

Jean-Marie Clamamus

Jean-Marie Clamamus

Jean-Marie Clamamus, maire de Bobigny depuis 1919 vient de quitter le Parti communiste français (PCF) après la signature du pacte de non-agression entre l'Allemagne et l'Union Soviétique. Le PCF est interdit et les conseils municipaux des villes qu'il gérait sont suspendus. En 1941, Clamamus est nommé président d'une délégation spéciale portant allégeance à la politique de Pétain.

­Des Balbyniens dans la Résistance

La Résistance s'organise clandestinement dans la ville, principalement portée par les communistes devenus hors-la-loi. Dès 1940, des dizaines de militants se réunissent rue d'Anjou, chez Louis l'Helgouach. En 1943, le groupe « Vengeance » s'articule entre Bobigny et Drancy. Enfin, la même année, s'ouvre chez Honorine Quenot, au 15 rue Alcide Vellard, un centre d'hébergement clandestin d'aviateurs anglais et américains.

Maison incendiée

Maison incendiée

1943-1944 : Bobigny, centre névralgique de la déportation des Juifs

Pendant que plusieurs Balbyniens et d' employés communaux entrent en Résistance, l'armée allemande et ses supplétifs français organisent le départ de convois de déportés à partir de la gare de Bobigny où, dès 1943, ils sont amenés en bus du camp de Drancy.

La fin du conflit marque aussi la chute du maire emblématique du Bobigny de l'Entre-deux-guerres : Clamamus sera arrêté, incarcéré, et frappé d'indignité nationale.

Plus d'infos :
www.garedeportation.bobigny.fr