De l'Antiquité à la fin de l'Ancien Régime

Une cité gauloise

En mars 1992, les archéologues de la mission archéologique de la Seine-Saint-Denis découvrent à Bobigny un petit morceau de céramique, élément d'un vase gaulois datant du IIIe siècle avant notre ère. C'est ainsi qu'est mise au jour l'une des plus grandes nécropoles gauloises d'Europe.

Les fouilles font apparaître que se dressait, attenant à cette nécropole, l'un des plus vastes villages d'artisans connus en Europe. Selon l'état actuel des connaissances, celui-ci remonterait à environ 2300 ans. Son nom reste méconnu mais une chose est sûre, c'est qu'il ne pouvait pas s'appeler Bobigny puisqu'il faut attendre le IIIe siècle après Jésus-Christ pour que le seigneur gallo-romain Balbinius s'installe sur ces mêmes terres, qui prennent alors le nom de Balbiniacum.

Artogenos : la légende balbynienne

Arthur, jeune Balbynien, assiste à une exposition présentant les nombreux vestiges gaulois découverts à Bobigny. Alors qu'il s'initie au combat gaulois, il est assommé et se réveille... en 500 avant J-C, dans le village gaulois de Balb, l'ancêtre de Bobigny ! Cherchant à rejoindre son époque, il découvrira lors de son aventure le mode de vie gaulois et ses coutumes...

Cette bande dessinée a été réalisée avec la collaboration d'archéologues et des services de documentation historique de la ville de Bobigny et du conseil général de Seine-Saint-Denis. Une deuxième partie présente sous forme de reportage le travail de fouilles et les découvertes faites sur le site archéologique de Bobigny, le plus documenté d'Europe.

Bande dessinée réalisée par Gaëlle Callac et Jörg,
avec le soutien de la ville de Bobigny et du conseil général de Seine-Saint-Denis.
Éditions Le Buveur d'Encre
ISBN 978-2914686150
www.lebuveurdencre.fr

­Bobigny au Moyen Âge

C'est donc au gallo-romain Balbinius que les Balbyniens doivent leur nom. Ce n'est que quelques centaines d'années plus tard, au VIe ou VIIe siècle de notre ère, que l'on trouve trace d'une première mention écrite de Bobigny (appelée encore Balbiniacum) dans le testament d'une noble dame nommée Erminethrude. Elle y désignait de cette façon les terres qu'elle léguait à son fils.

Carte dite des Chasses - XVIIIe siècle

Carte dite des Chasses - XVIIIe siècle

L'actuelle absence de traces archéologiques et la rareté des textes laissent dans la pénombre le demi-millénaire séparant la fin de l'Antiquité du XIe siècle. À cette époque, Bobigny est un petit coin de campagne habité par une centaine de personnes : on dénombre une motte féodale, autrement dit une demeure seigneuriale fortifiée, une église et son cimetière, ainsi que quelques modestes maisons de paysans.

Les seigneurs de Bobigny

Chateau seigneurial de Bobigny

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­Jusqu'à la Révolution, plusieurs seigneurs se succèdent à la tête du village et partagent le pouvoir avec celui, plus spirituel mais non moins réel, du curé de la paroisse.

L'histoire garde quelques traces de certains de ces seigneurs. Ainsi l'hôtel de Soubise dans le IIIe arrondissement de Paris, qui accueille les Archives nationales, appartenait à la famille de Braque, seigneurs de Bobigny au XVe siècle. La rue qui y mène se nomme d'ailleurs la rue de Braque.

La crise de l'Ancien Régime

À la veille de la Révolution, le pays s'est beaucoup appauvri : les dépressions des années 1620-1660 et 1690-1720 suivies de l'aggravation de la fiscalité royale, de l'augmentation des impôts et des loyers, du désordre des prix et d'une gestion chaotique de la production ont laminé la bourgeoisie naissante, les artisans et la paysannerie.

En 1783, 78 % du sol du village de Bobigny appartiennent désormais à la bourgeoisie urbaine, à la noblesse et aux institutions religieuses. La perte de possession du sol par la paysannerie est un événement essentiel des XVIIe et XVIIIe siècles. Seuls les gros fermiers parviendront à sauver leurs biens, comme par exemple la famille des Charlemagne à Bobigny.

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