Bobigny sous le Consulat et l'Empire

La première République prend fin le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) avec le coup d'État du général Bonaparte.

La rareté des sources écrites ne permet pas de savoir comment Bobigny a traversé les années mouvementées qui suivirent. Cependant un courrier de 1808 relate que le village est touché depuis un moment par « des maladies » qui ont « enlevé » quelques membres du conseil municipal. Il s'agit probablement de la grippe, une épidémie sévissant alors en France.

Bobigny dans les guerres napoléoniennes

Suite à la retraite de la Grande armée de Napoléon en 1812, les troupes anglaises, russes, prussiennes et autrichiennes avancent vers Paris. En 1814, elles sont aux portes de la capitale et Bobigny connaît son premier épisode d'occupation militaire, sans conséquence pour la commune et ses habitants.

La situation est bien différente lors d'une seconde occupation qui intervient après la défaite de Waterloo. Voici comment Pierre-François Mongrolle, maire de Bobigny, relate cet épisode dans une supplique adressée au sous-préfet le 7 novembre 1815 :

« J'ai l'honneur de vous informer de la position malheureuse dans laquelle se trouvent les habitants de la commune. Depuis dix jours ils sont surchargés de logements d'hommes et de chevaux qu'on avait dits de passage (...). Plus de mille bottes (de foin) ont été emportées par les conducteurs et consommées par leurs chevaux. Ils ont dit en arrivant qu'ils ne devaient rester que deux jours et maintenant ils parlent de rester tout l'hiver. »

Les ravages de la guerre de 1870

Bobigny connaît une troisième occupation lors de la guerre de 1870 contre la Prusse. Les premiers occupants sont Français. En effet, sur ordre d'un général de Napoléon III, il est décidé que Bobigny doit servir d'avant-poste pour défendre Paris et que toutes les maisons doivent être détruites. Le village est ensuite occupé par les Prussiens. Après le retrait des troupes, seules quatre maisons restent debout. Forcés à l'exil, nombre de Balbyniens ne reviendront pas.

Occupation de Bobigny par les prussiens, 1870

Occupation de Bobigny par les Prussiens, 1870

L'abbé Ferret, curé dans la commune de 1891 à 1923, a laissé à la postérité douze petits ouvrages qui témoignent des ravages et des conséquences de la guerre de 1870. Voici comment il relate ces événements :

Au début du conflit, « Bobigny était devenu un désert, par ses maisons vides de leurs habitants, par ses jardins vides de leurs travailleurs ; maire et conseillers municipaux avaient fui, emportant les archives de la mairie ».

À la fin de la guerre, « le village entier a été brûlé ou miné. Les maisons sont éventrées et les charpentes noircies sortent des murs. L'église dévastée est ouverte à tous vents. La pluie y pénètre par un trou béant dans la voûte. »

La nouvelle église

La nouvelle église