Violences faites aux femmes : tous mobilisés !

Les violences faites aux femmes restent un fléau dans notre société. À Bobigny, des associations agissent pour sensibiliser et prévenir, mais aussi soutenir et accompagner les victimes.

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Triste constat. Les femmes restent les premières victimes des violences au sein des couples : 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, excompagnon ou amant en 2016, soit une tous les trois jours. En moyenne, d’après l’Observatoire national des violences faites aux femmes, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui au cours d’une année sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles est estimé à 225 000.

À Bobigny, différents acteurs sont présents sur le terrain pour leur venir en aide et dénoncer ce type de violences comme étant une des manifestations de l’inégalité persistante entre les hommes et les femmes.

Trois associations, notamment, sont en pointe sur le sujet : les Femmes relais médiatrices interculturelles, Juris secours et Asmae. La municipalité soutient financièrement et matériellement ces associations à travers divers dispositifs.

Femmes relais

Femmes relais est une association de médiation sociale et culturelle. Ses actions favorisent la lutte contre les discriminations et l’intégration des populations immigrées, afin de lutter contre l’isolement et l’exclusion de ces femmes.

L’association propose différents ateliers : accompagnement vers l’emploi, prévention santé, aide à la parentalité, etc. Des rendez-vous réguliers qui sont autant de moments où la parole peut se libérer. 

Fanta Sangaré, la directrice des Femmes relais de Bobigny, insiste beaucoup sur « l’importance de l’accueil et de l’écoute. Il y a tout un climat de confiance à établir. En général, je reçois moi-même les femmes victimes qui viennent vers nous. Je m’isole avec elles. Je leur parle bien sûr du droit, notamment de celui de porter plainte. S’il estime qu’il existe une situation de violences et que la victime est en danger, le juge aux affaires familiales rend une ordonnance de protection et peut ainsi ordonner la résidence séparée du couple, interdire au conjoint violent d’entrer en relation avec son conjoint ou son ex-conjoint, ou encore autoriser la victime à dissimuler son domicile».

Entre janvier et décembre 2016, selon l’Observatoire départemental des violences envers les femmes, 189 ordonnances de protection ont été délivrées en Seine-Saint-Denis. En ce qui concerne les mariages forcés, les Femmes relais mènent avant tout des actions de prévention, dans les collèges notamment. « Nous avons récemment pu empêcher le départ de deux jeunes filles qui devaient retourner au pays pour y être mariées », se félicite la directrice, qui évoque également la question de l’excision : « Nous rappelons que c’est formellement interdit par la loi en France. Hors de question pour nous de faire la politique de l’autruche en considérant que cela fait partie de telle ou telle culture. »

Association des femmes relais
3-5, place des Nations unies.
Tél. : 01 48 50 24 27 ou contact@femmesrelais.fr.

Points écoute femmes

L’association Juris secours mène quant à elle de nombreuses actions en Seine-Saint-Denis, qui ont pour objectif de garantir l’accès au droit et la cohésion sociale. Parmi ces actions, Juris secours a mis en place des « Points écoute femmes » dans plusieurs villes du département, notamment à Bobigny.

Le but est alors d’accueillir des femmes en diffi culté et de leur apporter un lieu d’écoute, ainsi qu’un soutien juridique, psychologique et administratif. Cet accueil est gratuit, anonyme et confi - dentiel. « Certaines femmes que nous recevons viennent initialement nous voir pour une aide administrative ou juridique. Puis en parlant avec nous, il arrive qu’elles nous racontent subir ou avoir subi des violences physiques ou psychologiques », explique Kahina Saadi, l’une des juristes de l’association.

Juris secours dispose également, dans le cadre du Point écoute femmes, d’un accueil téléphonique du lundi au vendredi de 9 h 30 à 18 h. Lors de ces permanences téléphoniques, il peut arriver que certaines femmes doivent être reçues en urgence : l’association peut le faire, même le soir ou le samedi. « Nous sommes là pour informer les femmes victimes de violences sur leurs droits et sur les procédures qu’elles peuvent entamer dans ces situations », explique Kahina Saadi. Bien souvent, les femmes victimes sont conscientes des violences qu’elles subissent, mais elles n’ont pas forcément conscience que la société peut les protéger. Pour les responsables de l’association, « la réalité est toutefois mieux considérée qu’auparavant et présente dans les politiques publiques, mais il reste encore du chemin à parcourir.

Un des problèmes rencontrés est que certains commissariats ne prennent pas systématiquement les plaintes. » Or, pour accompagner au mieux les victimes, il est important qu’il y ait une véritable cohésion entre tous les acteurs. « Dans tous les cas, l’envie de déclencher une procédure ou de se faire aider doit venir de la victime elle-même », souligne Lola Traverson, elle aussi juriste.

L’association mène en outre des actions de prévention dans les écoles, collèges et lycées, sur le thème de l’égalité hommes-femmes, « afin qu’il puisse y avoir une prise de conscience au sein de la société ».

Association juris secours
29, rue Miriam-Makeba.
Contact : 01 48 30 81 39 ou ajs@jurissecours.fr.
Le Point écoute femmes est ouvert avec ou sans rendez-vous les
mardis et mercredis de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 18 h.

Accueil mère-enfant

Asmae, avec ses Établissements d’accueil mère-enfant, reçoit notamment à Bobigny des femmes enceintes et des mères avec enfants de moins de 3 ans victimes de violences conjugales. Des mères avec enfants de plus de 3 ans peuvent aussi être accueillies, si elles sont enceintes ou si le plus jeune a moins de 3 ans. Il s’agit de femmes majeures ou mineures, isolées et en difficulté (notamment) et qui ont besoin d’un soutien pédagogique, psychologique et matériel.


ASMAE (Centre maternel association soeur emmanuelle)
6, rue Perron. Tél. : 01 41 50 57 00
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Police municipale

À Bobigny, les femmes victimes peuvent aussi solliciter la police municipale. « Nous intervenons systématiquement si une victime nous appelle : soit pour calmer les choses si cela est possible, soit pour présenter l’homme violent à un offi cier de police judiciaire, qui pourra, en fonction de la gravité de la situation, mettre la personne en garde à vue. Les femmes victimes de violences doivent savoir qu’elles peuvent compter sur nous », assure Hervé Paysal, le chef de la police municipale.

Police municipale de bobigny
1, rue de l’Aviation. Tél. : 01 41 83 80 90.
Ouverture du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30.
Accueil téléphonique du lundi au samedi de 8 h à 2 h du matin et le
dimanche de 7 h à 2 h du matin.