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Raphaël Moudoulou reprend de la hauteur

En difficulté depuis son titre de champion de France junior conquis en 2014, Raphaël Moudoulou signe un retour marquant avec notamment une belle 4e place aux Championnats de France élite en salle.

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Le voltigeur de l'ACB bondit à nouveau.

Depuis le 19 janvier dernier, le spécialiste du saut en hauteur, Raphaël Moudoulou, a en effet enchaîné les performances et les podiums à chaque compétition de la saison hivernale en salle à laquelle il a participé. Champion régional et interrégional, le Balbynien a aussi fini deuxième au meeting international d'Hirson et aux Championnats de France nationaux. Et surtout 4e des derniers Championnats de France élite disputés le dimanche 17 février à Miramas, et même 3e meilleur Français puisque l'adversaire qui le devance est Luxembourgeois.

De son point de vue, au-delà des médailles, c'est surtout sa régularité qui est à souligner avec des concours à 2,09 m, 2,10 m et les deux derniers à 2,12 m : " Je n'ai jamais été aussi régulier. Le but, ce n'est pas de faire une performance, puis plus rien. C'est mieux de gravir petit à petit et de ne pas redescendre. Ça m'apporte encore plus de motivation et de confiance pour la suite. "

Son nouveau record à 2,12 m paraît ainsi presque secondaire. " C'est bien et je suis content, mais je sais surtout que je suis capable d'aller plus haut. À mon âge, ce n'est pas non plus une superbe performance. "

L'année de tous les espoirs

À 23 ans et après quatre années passées dans l'anonymat depuis son titre de champion de France junior, l'habitant de Salvador-Allende est de retour à un excellent niveau et c'est déjà une victoire en soi. " Je n'ai pas su gérer mentalement mon arrivée au haut niveau à 18 ans, concède-t-il. J'ai fait des erreurs et j'en ai tiré les conclusions.

Aujourd'hui, je suis focalisé à 100 % sur mon sport. J'ai envie de voir jusqu'où je peux aller en me donnant tous les moyens ". Pour son entraîneur de toujours à l'ACB, Rony Valverde, " c'est l'année de tous les espoirs. Il a vécu cette période difficile, où il n'était pas à son niveau. Mentalement, c'est compliqué à gérer quand des garçons moins bons que toi te dépassent. L'échec fait partie du travail ; nous avons pris le temps qu'il fallait pour qu'il mûrisse et retrouve ses sensations.

Et aujourd'hui, nous sommes de nouveau prêts au combat. "

Un sauteur atypique

Pour les deux compères, les concours de saut en hauteur s'apparentent en effet à un combat. " Il y a un jeu de dupes, de poker menteur avec notamment la possibilité de faire des impasses et de mettre la pression sur les adversaires, souligne le coach. Il faut que ce soit Raphaël qui dicte cela.

Qu'il soit l'attaquant. " D'où le fait que la performance chiffrée soit secondaire à leur esprit. " Ce qui compte en championnat, c'est la médaille et non la hauteur franchie, appuie le sauteur. L'affrontement, c'est ce que j'aime. "

" Il a montré qu'il faudra de nouveau compter sur Moudoulou ", renchérit Rony Valverde. Moudoulou et sa technique particulière et unique à ce niveau. " Je saute des deux côtés en changeant d'appui, et parfois même en ciseaux. Personne d'autre ne le fait. "

Ce qu'explique son entraîneur : " Je veux qu'il saute avec ses sensations. Par exemple, il ne prend pas de marques comme font les autres athlètes. C'est atypique et beaucoup se questionnent, mais quand les résultats sont au rendez-vous, les doutes laissent place à la curiosité... "