Culture, Enfance

Onze petits Balbyniens à la Philarmonie de Paris

De jeunes Balbyniens ont donné un concert, samedi 23 juin à la Philharmonie de Paris, avec une centaine d’autres enfants de l’orchestre Demos d’Est ensemble. Quand musique classique rime avec plaisir et excellence.

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Leur alto à la main, Sorona et Clémentine débordent d’enthousiasme. « Ça va rester graver dans nos mémoires », assure la seconde. Dans trois jours, elles se produiront dans la grande salle de la Philharmonie avec l’orchestre Demos d’Est ensemble.

C’est la fin d’une superbe aventure pour ces deux écolières balbyniennes qui font partie depuis 2015 du « Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale » piloté donc par la Philharmonie de Paris.

Les enfants, âgés de 8 à 12 ans, viennent tous de quartiers prioritaires de la Politique de la ville et n’avaient jamais touché un instrument au départ. Ils s’engagent pour trois ans, à raison de trois heures de cours par semaine dispensés par une musicienne professionnelle, auxquels s’ajoutent six demi-journées par an avec un chef d’orchestre.

À Bobigny, ils sont onze. Mais le jour J du concert de fin d’année, ils seront une centaine. Celui du samedi 24 juin a une saveur particulière, puisqu’il clôt cette belle expérience collective à la pédagogie innovante.

« Tout commence par l’oral. Tout part du corps et du chant pour arriver après à l’instrument », commente Manuela Prizzi, la professeure de musique référente pour Bobigny. Les enfants s’imprègnent de la musique en groupe par imitation et mémorisation avant d’apprendre à déchiffrer les notes. « Nous avons régulièrement des réunions pédagogiques avec toute l’équipe de Seine-Saint-Denis pour relever les points forts et faibles dans chaque ville.

L’objectif étant que tout le monde réussisse, de créer petit à petit un groupe avec de l’entraide, les plus forts créant de l’émulation, développe Manuela Prizzi. Je suis arrivée dans leur deuxième année de Demos et je les ai vus mûrir. Même les plus turbulents sont plus concentrés aujourd’hui. Ils se sont transformés. Certains vont même intégrer le conservatoire. »

BIENTÔT AU CONSERVATOIRE ?

Quand on interroge Sorona, Clémentine, Mathilde, Assia, Youssouf, Elias Nelly ou Soumoya, tous se verraient bien au conservatoire Jean-Wiener !

Dans ce cas-là, ils pourraient même garder, le temps de leur formation, l’instrument que leur a prêté jusqu’alors la Philharmonie. Et dont ils ont appris à prendre soin grâce aux animateurs du centre de loisirs Cachin et à ceux du centre social de la CAF-Le village.

Ce projet créé en 2010 fonctionnant justement sur le partenariat entre les musiciens de la Philharmonie et les animateurs de terrain qui veillent aux comportement, à l’assiduité et aux liens avec les familles.

Une poignée de parents sont déjà dans la salle pour la répétition générale. Pas de quoi impressionner nos musiciens en herbe ! « On a l’habitude ! » affirme, sérieux, Nassim. « On s’amuse », sourit, quant à elle, Sorona. Pour le chef d’orchestre, Joël Soichez, « ils sont prêts.

Ce sont des stars maintenant ! Ils maîtrisent déjà tout le protocole. Il faudra juste qu’ils jouent un peu moins fort pour bien intégrer le chanteur dans Non Piu Andrai (extrait des Noces de Figaro, Ndlr). »

En plus de Mozart, ils interprètent une pièce contemporaine plus ardue à maîtriser. Mais pour Joël Soichez, il n’y a pas de différence entre diriger des enfants de banlieue et des professionnels :
« On est tous égaux devant la musique. Apprendre la musique, c’est comme apprendre à nager. »