Culture

Les illusions retrouvées de Philippe DECOUFLÉ

DANSE
Le célèbre danseur et chorégraphe Philippe Decouflé revient à la MC93 avec son Solo. Seul sur scène, il transportera le public dans sa magie poétique. Quand le second degré s'associe à la beauté époustouflante des figures.

Du 19 au 22 décembre, à la MC93. Tarifs : de 9 à 12 €

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Si on l'a connu entouré de 3 000 artistes lors d'une des plus hallucinantes cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Albertville en 1992, Philippe Decouflé sera seul sur scène à la MC93 du 19 au 22 décembre. Le célèbre maître de l'illusion dansée revient avec son Solo.

Une sorte d'autoportrait chorégraphié qu'il a créé en 2003 justement pour retrouver la dimension artisanale de son travail. Lui qui avoue avoir perdu pied avec la réalité après le succès planétaire de son incroyable show de ces fameux JO d'hiver. Deux milliards de téléspectateurs, des danseurs, des patineurs, des jongleurs, des musiciens, et des échassiers hockeyeurs sortaient de cornes d'abondance géantes. Du jamais vu. Jusqu'alors, ce genre de cérémonies était très folklorique et poussiéreux.

Philippe Decouflé devient une "star" de la danse contemporaine que l'on sollicite pour une comédie musicale au Japon, la cérémonie d'ouverture du 50e Festival de Cannes, une campagne de pub pour France Télécom, l'habillage publicitaire de France 2, etc.

Il ne délaissera pas pour autant ses propres créations avec sa compagnie DCA, basée à Saint-Denis. Avec toujours cette même attitude : faire ce qu'il appelle du "divertissement" de qualité.

"Mon métier, c'est de donner de la matière à rêver aux gens qui viennent voir mes spectacles", disait-il au micro de France Inter dans l'émission "Boomerang", en février 2015.

Il présentait alors un spectacle hommage à David Bowie dans le cadre d'une exposition consacrée au chanteur pour l'ouverture de la Philharmonie de Paris.

TOUCHE-À-TOUT

Danse contemporaine bien sûr, mais aussi cirque, mime, vidéos projetées sur les corps, jeux de miroirs et de lumières, costumes extravagants sont la marque de fabrique de cet artiste aux nombreuses facettes, comme les Balbyniens pourront le voir dans son Solo.

Celui qui rêvait en 2003 de "danser le plus longtemps possible avec la lucidité du temps qui passe" tient toujours la barre haute à 57 ans.

Il enchantera sûrement les Balbyniens avec cette même fantaisie qui l'amena sur les planches de la MC93 en 1995 (Decodex), puis en 1998 et 2000 pour "Shazam" et ses premiers effets d'optique.

Ce sont aussi ces jeux de miroirs, d'ombre et de lumière que Philippe Decouflé utilise dans son Solo pour se démultiplier parfois à l'infini, comme dans ce superbe hommage aux comédies musicales hollywoodiennes des années 1930.

Le quinquagénaire à l'humour décalé, accompagné de ses complices du début, le musicien Joachim Latarjet et le vidéaste Olivier Simola, donne à voir des fragments de sa vie, de ses influences artistiques. Il parle de lui, mais pas de manière égocentrique, juste pour embarquer une fois encore les spectateurs dans son univers où le merveilleux côtoie le burlesque.

Le second degré s'associe à la beauté parfois époustouflante de ses figures. À l'instar de sa chorégraphie de doigts sur le Petit bal perdu de Bourvil qu'il reprend d'un vieux clip tourné en 1993, alors qu'il n'arrivait plus à bouger son corps après une rupture amoureuse qui l'avait laissé KO, littéralement cloué au sol.

La féerie de Noël sera forcément au rendez-vous avec ce spectacle hors norme.