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En exil, mais pas fragile !

Avec la fermeture pendant un an du centre nautique Jacques-Brel, les compétiteurs de l'ACB natation sont contraints de s'entraîner dans des villes voisines. Une situation compliquée qui ne les empêche pas d'enchaîner les bonnes performances.

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Les nageurs délocalisés

Que ce soit à Bondy ou à Pantin, le rituel est resté le même qu'à Bobigny pour les nageurs de l'ACB. Leur motivation est palpable, tout comme leur plaisir à se retrouver ensemble. Le programme concocté par l'entraîneur, Samy Djenidi, est affiché au tableau et il va falloir enchaîner les longueurs.

En ce mardi soir, c'est à la piscine tournesol de Bondy que le rendez-vous a lieu. Les seize nageurs du groupe de compétition de l'ACB ont répondu présent, comme ils le font les autres soirs de la semaine à l'autre piscine de Bondy ou à celle de Pantin.

Des entraînements délocalisés depuis la fermeture du centre nautique Jacques-Brel en septembre dernier. "J'ai au minimum 80 % de l'effectif à chaque entraînement, se félicite le coach. Même pendant les grèves, tout le monde s'est débrouillé pour venir. Il y a beaucoup d'entraide, de solidarité et de motivation. C'est dans la difficulté qu'on voit les guerriers. De mon côté, cela donne encore plus envie d'être là pour eux et de répondre à leur investissement."

L'entraîneur a tout d'abord dû s'adapter avec moins de créneaux d'entraînement qu'à Bobigny : "Nous comptons une moitié d'heures d'entraînements en moins par rapport à l'an passé. De 5 à 6 heures par semaine au lieu de 12. Du coup, nous avons laissé de côté les longues distances et nous nous sommes focalisés sur les 50 m, 100 m et 200 m. C'est compliqué, mais cela fonctionne."

Esprit familial et compétitif

Preuve en est avec les derniers résultats obtenus en compétition par les Balbyniens. L'ACB a en effet fini premier de sa poule départementale lors de récents interclubs, avec au passage une qualification acquise pour les régionaux par douze des quinze engagés. "Ils sont également allés se confronter à d'autres adversaires lors de meetings à Paris, où nous avons remporté pas mal de médailles. On sent également que le regard sur notre club est en train de changer. On nous prend beaucoup plus au sérieux", précise Samy Djenidi, qui pense qu'ils sont plusieurs à pouvoir espérer se qualifier pour les Championnats de France avec en chefs de file Abderrahmane Bounad, Yanis Moalla, Oussama Taghi et Alicia Moussouni.

La raison de ce succès est multiple. La plupart de ces nageuses et nageurs sont ensemble depuis cinq ou six saisons et le travail paie. L'ambiance au club n'y est pas étrangère non plus. "On se rend compte lors des compétitions que nous vivons plus avec un esprit de famille que dans d'autres clubs. Nos nageurs s'encouragent, se conseillent, ont envie que l'autre réussisse et se réconfortent en cas d'échec", souligne l'enseignant.

Ce que confirme l'un d'eux, Vladislav Iacobei, 14 ans, et déjà neuf années de natation derrière lui : "Franchement, on s'adapte et on continue de s'améliorer. On a fait de très bons chronos en compétition et cela valide nos efforts. Ce club, c'est l'esprit familial et compétitif avec un super entraîneur."

Finalement, peu importe le lieu, les Balbyniens surnagent et sont comme des poissons dans l'eau...