Vie municipale

Budget : des efforts continus

Les travaux de l’assemblée municipale, réunie mercredi 31 janvier, ont été dominés par le débat qui a suivi la présentation du rapport d’orientation budgétaire, prélude au vote du budget 2018, en mars prochain.

Publié le :

Le rapport d’orientation budgétaire (ROB) permet à la majorité municipale d’exposer les priorités de son action future. Des priorités qui se traduiront en engagements financiers au moment de l’adoption du budget primitif 2018.

Dans sa présentation, l’adjoint au maire délégué aux finances, Christian Bartholmé, a d’abord rappelé « l’objectif principal » de la municipalité d’accorder, dès 2014, la « priorité au crédit d’investissement » afin de « rattraper le retard en matière de travaux du quotidien », comme la rénovation de la voirie, des écoles, des espaces verts, etc.

Pour pouvoir engager de gros investissements pour le cadre de vie, l’éducation et la sécurité des Balbyniens, il a d’abord fallu, poursuit le premier adjoint au maire, « dégager la capacité d’autofinancement la plus importante possible » sans pour autant augmenter la fiscalité locale.

« Cette politique volontariste de désendettement nous permet aujourd’hui, affirme l’élu, de regarder avec sérénité les nouvelles conditions du gouvernement » en matière de maintien des dotations de l’État. En effet, la loi de programmation des finances publiques, pour la période 2018-2022, fixe à 1,2 % au maximum l’évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités locales dont le budget dépasse les 60 millions d’euros. En clair, « si nous dépassons cet objectif, nous risquons de voir les dotations de l’État diminuer », relève Christian Bartholmé.

Cependant, en raison des efforts budgétaires successifs réalisés, la ville de Bobigny n’a pas à s’inquiéter. L’adjoint aux finances reste, en revanche, attentif à la position de l’État sur les investissements liés aux grands chantiers de la Ville, prévus à partir de 2020 : en l’occurrence le nouveau programme de rénovation urbaine de l’Abreuvoir et du centre-ville.

Quand arrivera le temps des discussions avec l’État, « nous défendrons l’idée que les investissements pour ces grands travaux Anru – qui nécessitent le recours à de l’emprunt – soient considérés hors périmètre des dépenses de fonctionnement municipales », prévient Christian Bartholmé, qui se dit à la fois « serein, attentif et combatif ».

Fiscalité

Avançant un peu plus dans le détail des orientations budgétaires pour 2018, le premier adjoint au maire parle d’un objectif ambitieux de 12 millions d’euros d’épargne brute à réaliser.

Pour y arriver, il faudra « maintenir une vigilance particulière sur les dépenses », puisque les recettes ne progresseront pas énormément : les dotations de l’État (16,9 millions d’euros) sont en légère hausse, mais avec 6,2 millions d’euros, la part de la péréquation (qui organise la solidarité entre les collectivités riches et pauvres) est en baisse.

Si depuis 2014, la Ville a choisi de ne pas augmenter la fiscalité des ménages (taxe d’habitation et taxes foncières), il n’en demeure pas moins que l’engagement présidentiel de disparition progressive de la taxe d’habitation pour près de 80 % des Français suscite des interrogations.

« On nous promet une compensation à 100 % de la taxe d’habitation pour 2018 ; peut-être aussi pour 2019. Mais, on ne nous promet pas une compensation ad vitam æternam », alerte Christian Bartholmé.

ÉCHANGES 

Au cours des échanges qui s’en sont suivis, Benjamin Dumas (groupe PC) a regretté de voir l’État utiliser la péréquation – dont la logique est de donner plus à ceux qui ont moins – pour compenser son désengagement ». L’élu constate, par ailleurs, que « si la décision d’exonération de la taxe d’habitation semble plutôt une bonne nouvelle pour les ménages concernés, elle est en réalité une autre façon d’étrangler les collectivités locales et les services qu’elles assurent ».

Bernard Grinfeld (groupe PS) a quant à lui déploré la hausse de la masse salariale qui « atteint un niveau jamais égalé » et « des crédits de fonctionnement en baisse ». En effet, les dépenses du personnel (masse salariale) augmentent de 4,8 % en raison notamment de la « création de 26 postes supplémentaires à la direction de la tranquillité publique ».

CADRE DE VIE. 

Des inquiétudes certes. Mais rien qui ne tiédisse la volonté municipale d’accroître les dépenses de fonctionnement (plus de 400 000 euros par rapport à 2017) pour atteindre les 18,8 millions d’euros.

Le premier adjoint au maire énumère les dépenses par grandes directions : arrive en tête le secteur Services techniques/espaces publics/ bâtiments publics/développement durable avec 7,6 millions d’euros de crédits, soit 40 % des dépenses. Il est suivi du secteur Éducation/culture/ jeunesse avec 4,85 millions d’euros de fonctionnement, soit 26 % des crédits.

Parmi les principales orientations budgétaires, notons une légère progression des subventions de fonctionnement aux associations qui atteindront 1,9 million d’euros, dont 545 000 euros destinés aux trois plus grandes associations sportives de la ville : Athlétic club de Bobigny, AC Bobigny Rugby 93, Académie football de Bobigny.

Enfin,  592 000 euros sont destinés aux associations communales d’accueil des jeunes enfants (les crèches).

Lutte contre l’habitat indigne

Parmi les délibérations au menu du conseil municipal, la convention financière avec l’Établissement public territorial Est ensemble portant sur le dispositif intercommunal de lutte contre l’habitat indigne (Dilhi) : le Dilhi vise à réhabiliter les immeubles d’habitat privé très dégradés quand les copropriétés se retrouvent dans l’incapacité de mener des travaux de rénovation.

Vu la situation sanitaire des parties communes et privatives du bâtiment sis au 22, rue de l’Union, le comité de pilotage du Dilhi et le maire de Bobigny ont décidé d’inclure cette copropriété au sein du dispositif.

L’opération prévoit l’acquisition de l’ensemble des lots de copropriété, par voie amiable puis par expropriation. Sur les soixante familles occupant l’immeuble, l’EPT Est ensemble se charge du relogement des deux-tiers des ménages, et la Ville de Bobigny du tiers restant.

Cette opération d’aménagement bénéficiera d’un financement important de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). L’opération est cofinancée par la Ville et Est ensemble, à parts égales, soit 1 656 389 euros.

A noter qu’une première copropriété balbynienne, située rue de La Courneuve, bénéficie déjà du dispositif Dilhi.