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La municipalité et l’OPH de Bobigny ont posé les bases d’une société coopérative d’intérêt collectif d’habitation à loyer modéré. Son but : défendre les intérêts des locataires et agir plus efficacement pour améliorer leur cadre de vie.

Lors du conseil du 27 septembre dernier, la majorité municipale a voté la création d’une société coopérative d’intérêt collectif d’habitation à loyer modéré (SCIC). Son but : défendre les intérêts des locataires de l’OPH de Bobigny, faciliter l’accession à la propriété et donner plus de marge de manoeuvre à la Ville et à l’OPH pour améliorer le cadre de vie des habitants.

Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), créée et dirigée par la Ville et l’OPH de Bobigny, devra être validée avant le 1er janvier 2018, date du rattachement de tous les OPH d’Est ensemble au sein de l’Établissement public territorial. Un rattachement, dicté par la loi Notre de 2015, qui est loin de faire l’unanimité, à en croire le résultat du vote lors du dernier conseil territorial. « Seuls vingt-quatre conseillers territoriaux ont voté pour, vingt-huit se sont abstenus, huit n’ont pas souhaité prendre part au vote. Une personne a voté contre, en l’occurrence une des vice-présidentes d’Est ensemble », constate Stéphane De Paoli : « Les élus balbyniens se sont abstenus car nous ne voulions pas voter contre Est ensemble. Mais comme les élus de Pantin, nous refusons de voir notre patrimoine social géré ailleurs.  Aujourd’hui, à quelques semaines du rattachement des OPH à Est ensemble, on ne sait toujours rien des modalités de gestion de ce futur grand OPH, ni de la place de la question du logement à l’échelle du territoire ; quant au rattachement de cette structure au Grand Paris... C’est le flou le plus total. Hors de question, dans ces conditions, de lâcher des milliers de locataires balbyniens dans l’inconnu. »

Priorité aux intérêts des habitants

Jonathan Berrebi, président de l’OPH et nouvel adjoint au maire, s’interroge sur le maintien des services et des garanties accordés actuellement aux locataires de l’OPH : « Si demain, l’OPH passe dans le giron de la Métropole, que deviendront les principes de non déconventionnement des logements, d’absence de déplafonnement des loyers, des dispositifs sociaux d’aide à la quittance, de l’eau solidaire. Autant de services de proximité que nous développons depuis deux ans au sein de l’OPH. Aujourd’hui, un locataire qui a des difficultés peut interpeller facilement un agent de l’OPH, demain devra-t-il aller à Romainville, à Paris ou ailleurs ? Je pose la question. Les locataires balbyniens deviendront des numéros de dossier. Ça, nous ne l’acceptons pas. »

Des services préservés

Pour le président de l’OPH de Bobigny, l’inquiétude porte également sur l’action du gouvernement et le désengagement prévisible de l’État : « J’ai cosigné, avec l’ensemble des présidents des OPH de Seine-Saint-Denis, une lettre dénonçant les conséquences désastreuses de la politique du gouvernement sur les finances des OPH, notamment sur la question de la baisse des APL (lire page 4). Depuis deux ans, nous nous efforçons de redresser financièrement l’OPH de Bobigny et de renforcer les services de proximité en direction de nos locataires.

« Aujourd’hui, tout est remis en cause. Cette SCIC est une réponse apportée par la Ville et l’OPH pour reprendre les choses en main et défendre au mieux les intérêts de nos locataires. Je rappelle, qu’à ce jour, il n’y a que la Ville et l’OPH qui ont apporté des garanties sur le maintien des emplois. Est ensemble ne se sentant pas engagé sur ce point après 2020. »

Les bases d’une société coopérative d’intérêt collectif d’habitation à loyer modéré sont lancées. La balle est désormais dans le camp de l’État. Réponse avant le 31 décembre 2017.

Stéphane de Paoli, maire de Bobigny :  «Défendre les intérêts des locataires»

Pourquoi créer cette SCIC ?

«Aujourd’hui, personne ne sait qui dirigera l’OPH de Bobigny dans deux ans... Parce qu’il y a un vrai risque que se crée un OPH du Grand Paris fusionnant les OPH municipaux, mastodonte éloigné des locataires, nous voulons garder la capacité de décider de la meilleure politique de logement pour les Balbyniens. Pour défendre et développer les services de proximité off erts aux locataires et garantir l’emploi des salariés de l’OPH. La question du logement est trop importante. Tous les locataires savent qu’ils seront moins entendus si le lieu de décision pour toute la Métropole est à Paris ! Cette création de la SCIC fait pourtant débat... Ce sont toujours les mêmes qui agitent les chiff ons de la privatisation pour faire peur. La CGT et une partie de l’opposition sont dans l’idéologie, pas dans le débat d’idées. Ils bloquent par principe, mais n’apportent aucune solution. 300 personnes étaient connectées sur le site de la Ville pour suivre le conseil en ligne. Ils ont pu voir le spectacle navrant de la prise d’otages de la démocratie. Pourtant, c’est une personnalité nationale de gauche qui préside la Fédération nationale des sociétés coopératives HLM, Marie- Noëlle Lienemann...

Quelles seront les prochaines étapes dans la création de cette SCIC ?

Les réunions d’information avec les locataires continuent, résidence par résidence. Pour que le projet réussisse, nous devons être le plus nombreux et le plus rassemblés possible pour faire entendre la voix des Balbyniens auprès de l’État : nous lancerons une grande campagne dès ce mois d’octobre. Nous espérons dans les prochaines semaines recevoir Mme Lienemann et tout le poids moral et politique de son soutien.

 

Les défis de la SCIC

  • Garantir la gestion locale des HLM municipaux dans l’intérêt des Balbyniens
  • Garantir les services de proximité et les dispositifs d’accompagnement des locataires
  • Améliorer la qualité et le fonctionnement du parc HLM
  • Contribuer à l’effort de construction neuve et à la diversification de l’offre en logements
  • Agir sur la requalification de l’habitat privé et prévenir sa dégradation
  • Encourager la transition énergétique de l’ensemble du parc de logements

 

 

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