Acteurs du quotidien

Encadrés par les services de la Ville, l’OPH et la Semeco, les habitants ont participé aux "diagnostics en marchant". Leurs attentes, une fois rassemblées, serviront à l’élaboration d’un plan d’actions visant à améliorer le cadre de vie.

Des « diagnostics en marchant » sont réalisés actuellement dans les quartiers en rénovation
ou qui vont l’être. Les services de la Ville s’appuient sur l’expertise des habitants pour cerner les priorités
et mettre en oeuvre ensuite un plan d’actions. L’Abreuvoir, Chemin-Vert/Allende, Paul-Éluard, Karl-Marx et
Étoile/Grémillion sont examinés à la loupe chacun à leur tour.

Ces diagnostics sont réalisés dans le cadre de la gestion urbaine et sociale de proximité (GUSP) et a pour objectif de se pencher sur tout ce qui fait l’ordinaire et le quotidien d’un quartier pour ses habitants, autour de grandes thématiques.

Espaces publics

Chemin-Vert, Allende et Paul Éluard ont la particularité d’être « sur dalle », et leur entretien a retenu l’attention. Les habitants aimeraient pouvoir les utiliser davantage, avec des espaces aménagés pour tous les âges.

Les quelques commerces qui existent encore ont du mal à tenir, d’autres appartiennent à des propriétaires privés difficiles à mobiliser, qui les laissent se dégrader, ce qui donne une impression générale d’abandon.

L’Abreuvoir dispose d’un grand espace vert, mais le coeur de cité, prévu 100 % piétons, attire les scooters autant que les dalles.

À Karl-Marx et à l’Étoile, quartiers en pleine rénovation urbaine, c’est la gestion du chantier qui est d’actualité. Du côté de l’Étoile, dans cette partie de la ville partiellement rénovée, le chantier est jugé « bien sécurisé », même si la voirie peut souff rir de dégradations à cause des travaux.

Propreté

Globalement, l’entretien courant s’est amélioré. Des chantiers éducatifs dans les parkings ou des animations de quartier comme sur l’escalier menant à Paul-Éluard ont été positifs, permettant de sensibiliser les habitants à la propreté.

Au pied des tours sur dalle, la Semeco a retiré les buissons qui pouvaient cacher des détritus et attirer les rats, mais elle doit toujours lutter contre les jets d’ordures par les fenêtres. Les emplacements des conteneurs ne sont pas toujours pratiques : soit les camions-bennes ont du mal à y accéder, soit les habitants les trouvent trop éloignés. Là, comme à l’Abreuvoir ou encore à l’Étoile – c’est moins le cas à Grémillon en revanche –, il manque des corbeilles de rue. Et dans tous les quartiers, le tri sélectif a du mal à s’imposer.

Pour certains, comme à l’Étoile, le fait que les bacs de tri soient sous abri a pour effet de les rendre peu visibles. À Karl-Marx, la situation est meilleure pour les nouveaux immeubles qui prennent le tri en compte et permettent de laisser les bacs à l’intérieur.

Stationnement

Pour les cités sur dalle, la Semeco a mis en place des arceaux qui empêchent le stationnement gênant l’entrée et la sortie des parkings souterrains. Mais à Chemin-Vert, l’accès des camions de livraisons à Bobigny 2 est encore problématique du fait du stationnement sauvage. À l’Abreuvoir, le problème est aigu les jours de marché, et le recensement et l’enlèvement des épaves sont à améliorer. À Karl- Marx, les voitures « ventouses » constituent le problème majeur, car les nouvelles constructions de logements impliquent systématiquement une place de parking pour chaque appartement. Dans le quartier Étoile-Grémillon, le stationnement sauvage sur les trottoirs, rue de la Prospérité notamment, oblige les passants, dont de nombreux enfants, à devoir marcher sur la route.

Tranquillité publique

La question de la sécurité a été soulevée dans le quartier Paul Éluard, où, sans nier le problème, il relèverait plutôt d’un sentiment d’insécurité. Halls squattés ou lieux de trafic, caves détournées à l’Abreuvoir, mécanique sauvage et rodéos de scooters participent de ce sentiment d’insécurité.

À Étoile Grémillon, un sentiment d’insécurité est parfois ressenti en soirée par certains, mais les habitants ne parlent pas d’insécurité, soulignant plutôt « la forte solidarité qui existe dans ce quartier beaucoup plus calme qu’il y a quelques années ».

Sont souvent évoquées la présence de la police municipale, des médiateurs de la Ville, ainsi que les initiatives d’associations qui apaisent la vie dans les quartiers. Cela crée du lien social et permet à tous de se réapproprier l’espace commun, ce qui a été souligné comme améliorant le sentiment de sécurité.

Et ensuite?

Les « diagnostics en marchant » sont la première étape d’une charte territoriale pilotée par Est Ensemble qui réunit la Ville, les bailleurs, et l’État.

Ces diagnostics seront étudiés par un comité de pilotage qui validera les axes prioritaires, donnant lieu à des ateliers qui réuniront une nouvelle fois les participants aux « diagnostics en marchant ».

Ces ateliers formuleront des propositions de réponses concrètes, qui seront validées par les élus. S’ensuivra un programme sur trois ans, détaillé en trois plans annuels d’actions

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